Bloublou !

L'apprentissage de l'existence
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dimanche 23 août 2009

Eloge de la tolérance...

"C'est froid c'est froid c'est froid c'est froid" répète mon frère.
"C'est scientifiquement prouvé que lorsque l'on rescent une douleur, l'exprimer réduit la sensation", ajoute-t-il.
"Oui enfin on peut scientifiquement prouver tout ce qu'on veut, c'est pas pour autant qu'il faut le gober et s'en servir comme mode de vie hein..."
- Bah non , on peut pas prouver que t'es intelligente par exemple.
J'applaudis la prestation et rajoute un "bravo" sarcastique.
" Et je peux pas non plus scientifiquement prouver que t'es prévisible mais j'aurais pu la deviner cette réaction par exemple".
Il s'en va, fier de son orgueil masculin. Il m'a prouvé que j'étais idiote et prévisible, faible et stupide. Il va pousser des cris érotiques dans sa chambre (il fait de la musculation, a cet instant, il s'amuse avec des altères. Il se sent viril).

"Non mais franchement c'est quoi ces gamineries, des concours de vannes? c'est débile, puéril.
- T'es franchement intolérante toi! me rétorque ma mère."

Là, je suis abbasourdie. Comment une ancienne professeur de français, qui est sensée admirer des auteurs tels que Sartre, Camus, Hugo, Montaigne, et tout le blabla peut me reprocher de ne pas tolérer la stupidité? Comment peut-elle inciter son fils à devenir encore plus stupide? En me montrant que j'ai tort, que je suis méchante et intolérante, que c'est inadmissible de ne pas être en admiration devant celui qui va entrer à science-po pour y faire d'autre échanges toujours plus appréciable... elle l'encourage à continuer dans sa médiocrité.
Comment font ces gens qui lisent des choses, s'enrichissent, et pourtant, n'en tiennent pas compte, et se disent que "c'est la vie, c'est ainsi, tant pis si nous sommes médiocres et méprisables"? A quoi celà peut-il bien leur servir?

La tolérance serait-elle devenue une vertue si importante qu'il faille même tolérer la stupidité?

mardi 11 août 2009

L'humour dans la restauration

Nous arrivons dans un restaurant visiblement pas très luxueux, mais nous l'avons choisi pour ça. Il est dans nos prix, ça reste raisonnable.

Si on observe un peu la population qui nous entoure, on remarque des familles en majorité, dont certaines sont composées d'étrangers. C'est un restaurant touristique dans un quartier touristique d'une ville touristique puisque balnéaire. Bref, nous sommes deux adolescents français, et nécessairement, on se démarque de la population. Voici que monsieur vient prendre la commande.

"Une pizza marguerite"
"L'aile ou la cuisse?"dit-il avec un accent assez prononcé, mais nous n'avons pas réussi a savoir s'il était italien ou arabe.
"Euh... pardon?" nous avions pensé qu'il faisait une demande sérieuse et comme cela concernait notre repas et que nous avions faim nous nous sommes interrogés, quelques temps, pour comprendre ses paroles. Lorsque nous avons réussi à décrypter le message, nous avons échangé un regard perplexe.
"Haha je vous ai bien eu!" Oui et en prime vous nous avez mis spécialement mal à l'aise...

Plus tard dans le repas nous demandons une carafe d'eau. "Ca fera deux euros" Hum....

Pourquoi, au juste, s'amusent-ils avec les clients? Est-ce pour créer un lien et ainsi vaincre l'inconnu, l'intimidation due a la situation? Est-ce un état d'esprit qui s'est finalement incrusté dans le restaurant? Est-ce pour mettre réellement mal à l'aise ces jeunes gens qui devraient être à macdo, qui ne sont pas digne d'un vrai restaurant et qui, ainsi, ternissent l'image de ce dernier, relégué au rang de fast food pour ado écervelés....?

Mais le plus dérangeant reste qu'on ne sait pas comment réagir.

Faut-il s'offusquer parce que finalement, cet humour est à la limite du mépris, du vulgaire...? Faut-il au contraire rire avec le serveur qui est aussi patron du petit restaurant familial?
Faut-il avoir simplement pitié de lui, en quelques sortes, puisqu'il est maladroit avec ses clients alors qu'il se veut altruiste (il veut que ses clients passent une bonne soirée en charmante compagnie...)?

dimanche 9 août 2009

Drôle de dame

Deux dames âgées entrent dans le bus. L'une s'assoit, près de l'entrée, l'autre arrive à ses côtés quand le conducteur démarre. Elle est donc bousculée, se rattrape a la barre verticale sur laquelle elle prenait appuyer pour accéder a sa place. Elle crie contre le chauffeur. "Hé vous pourriez attendre que les gens soient assis avant de démarrer !"
Je souris.
Le problème, c'est que mon sourire est affiché puisqu'elle le voit. Je suis en face d'elle ou du moins assez près pour qu'elle m’ait vue.
Elle s'adresse a son amie : "et en plus ça rigole!". L'autre s'empresse d'approuver (elle aussi est vieille)...
Elle parle de moi mais ne me parle pas. Elle fait en sorte que je l'entende. Que j'entende sa morale qui est censée me frapper en plein coeur. Je suis immorale et intolérante.
Loin de m'en vouloir, je souris de plus belle et suis sur le point de rire, réellement.

Non, ce n'est pas le fait qu'elle soit tombée qui m'amuse. Ce n'est pas le fait que, pendant quelques minutes, elle ait été ridicule.

C'est juste que pendant ces minutes là elle a été l'incarnation de la vieille qui refuse son statut. Elle tombe, heureusement se rattrape, et râle. Simplement, tomber et se rattraper, c'est signe de faiblesse. De faiblesse due à la vieillesse. Naturellement, elle ne l'accepte pas. Elle s'en prend donc au chauffeur en lui faisant remarquer son manque de savoir vivre (il aurait du attendre!).

Que vaut-il mieux, qu'on ait pitié de nous parce qu'on tombe lorsque le bus démarre, accident fréquent bien que facilité par la vieillesse, ou que l'on soit considéré, de base, comme quelqu'un qui va d'un moment à l'autre s'écrouler par terre, qu'on prenne donc constamment en considération la donnée "vieillesse" et que l'on agisse en fonction (démarrer lentement et une fois que la personne est confortablement installée, mais aussi aider madame a pousser son chariot dans le magasin, lui demander dès qu'on la croise ce dont elle a besoin, si elle veut qu'on l'aide...)?

Pourquoi ne s'est-elle pas éteinte avant sa dégénérescence si elle la craignait tant? Si elle la refuse au point de perdre toute humilité, de s'en prendre de façon irraisonnée a ceux qui, eux, vivent comme des jeunes?

Et moi, pourquoi avoir affiché une expression involontairement pertinente quand je pouvais lui parler?

samedi 8 août 2009

Marine Land


Les 5 bonnes raisons d'aller à Marine Land :

  • On peut amener ses enfants dans un tunnel ou des requins effrayant passent juste au dessus de leurs petites têtes, et ensuite les engueuler parce qu'ils ont peur (quoi de plus réjouissant, pour un adulte, que de faire preuve d'autorité? On réalise qu'on est supérieur à l'enfant parce qu'on lui apprend des choses (la morale, par exemple, ne pas crier et pleurer dans les endroits publics, ça gène les gens))
  • On peut aller voir les otaries, les dauphins ou les orques faire des spectacles. Et là, il y a deux avantages. Déjà, on réalise a quel point l'homme est supérieur aux animaux (les Hommes éduquent les animaux ! Eux ne sont pas capable d'éduquer un humain, ils sont donc inférieurs). Et puis, en plus, on peut taper dans ses mains en suivant le rythme d'une musique qui fait boum boum (masturbation) jusqu'au point final, après accélération progressive, où tout le monde se met à crier "ouaaaaiiis" (jouissance).
  • On peut répondre a des quizz où il s'agit de deviner la surface du bassin ou encore l'épaisseur des vitres. On se met alors dans le oule du vulgaire communautarisme en criant "ouaaaaiiiis" (encore) lorsqu'on s'aperçoit qu'on a eu la bonne réponse. C'est alors à qui fera le plus de bruit en criant "ouaaaaiiiis".
  • On peut ensuite ignorer le quizz qui nous montre, au détour d'une question, que l'humain est un des seuls et des plus dangereux prédateurs de l'orque. On vient voir l'orque faire joujou avec un ballon, on l'applaudit, et on le tue. Moi j'ai criait "ouaaaaiiis" parce que c'était la seule question à laquelle je savais répondre. J'ai eu le droit a des regards méchants. (J'ai été pendant quelques secondes le miroir de leur propre stupidité, ils se sont détestés à travers moi).
  • On peut acheter des machins lumineux aux enfants, puis les engueuler parce qu'ils ne les agitent pas correctement. Bah oui, il faut bien leur montrer que le bon sens veut qu'on agite son joujoux en l'air pour montrer aux voisins que nous, au moins, on a les moyens de se payer le gadget a 6€50 qui va durer une journée, au lieu de l'agiter vers le sol où personne ne pourra le voir.


Bref, MarineLand c'est très ludique. On apprend plein de chose et on voit plein de chose.
MarineLand c'est LA sortie en famille par excellence. Si on étudie la population qui vient là dedans, il y a 9 couples sur 10 qui amènent leurs enfants. Le reste, ce sont des célibataires qui espèrent rencontrer l'âme sœur devant un aquarium à méduse. Ensemble, ils envieront le couple qui est en train de crier sur leur gosse. Ils commenceront à envisager d'avoir des enfants, s'imaginant tout le bonheur que c'est. Plus tard, dans 10 ans, ils amèneront leur progéniture à MarineLand en réalisant, nostalgique, que c'est là qu'ils se sont rencontrés. Et puis, ils auront la fierté de reconnaitre leur couple dans tout les couples qui les entoureront. Ils seront heureux.

jeudi 6 août 2009

Je bois parce que c'est so in.

Je ne comprends pas cet engouement général pour l'alcool.

Il y a ceux qui boivent parce que ça leur permet de s'amuser (Ivich). Mais c'est, en quelques sortes, assez faible. Ils ont besoin de boire pour oublier la décence, les conventions, et pour ainsi pouvoir s'amuser en étant "impertinent". Mais il suffit de volonté pour pouvoir faire ça n'importe quand, n'importe comment. Sans boire, sans avoir ce goût désagréable dans la bouche. Parce que oui l'alcool c'est monstrueusement dégueulasse. On ne s'en rend pas compte, une fois bourré. Il faut boire beaucoup pour commencer à apprécier le goût de l'alcool.

Je ne dis pas tout ça pour faire les sainte-ni-touche. J'écris cet article après avoir bu du champagne et de l'absinthe. Et je raconte mon expérience. Pas d'effet "délirant", pas d'amusement significatif. Pas de créativité dédoublée non plus. Non, rien. La musique abrutissante ne m'a pas paru, d'un coup, plus appréciable. Elle restait aussi détestable. Et même là on aurait pu penser que ma haine aurait été dédoublée, mais non, ça non plus.

Donc je ne comprends vraiment pas l'intérêt de la chose. Je ne comprends pas l'engouement que ça génère.
Peut-être suis-je simplement peu sujette aux effets (so in, précisons le) de l'alcool.

Mais soit, boire est une passerelle pour l'intégration sociale!

[Et bloublou !]

samedi 1 août 2009

Paroles esquivés.

Un monsieur avec un tshirt orange absolument moche est en train de ramasser son chien. Son chien c'est le type haineux qui est pret a se mettre à piailler pour rien. Le petit chien qui tient dans les mains et qui a des sortes de cheveux sur la tête. Bref, pépère ramasser son sac, devant l'escalator. Il prennait naturellement toute la place. Il était déjà agacé parce que son chien est encombrant. Pourquoi a-t-il un chien? il aime les animaux?
Bref, je voulais passer mais ce monsieur gênait. Tant pis, je le laisse passer, je le doublerai dans l'escalator. Mais a-t-il eu le bon sens de ne prendre qu'une seule place au lieu de deux une fois sur l'escalator? non, naturellement.

Je lui passe donc devant, me mettant de profil, et bousculant légèrement son coude. Je n'aime pas les contacts de ce genre. De pus il était vieux et dégoûtant. Il avait un bras poilu et j'avais ensuite sur mon bras à moi une sorte de sensation de saleté, je voulais me frotter le bras, le lavé de cet affront. J'ai murmuré un pardon timide, non parce que ça me genait d'engager une conversation avec lui, mais parce que la conversation était forcée par un geste malheureux et déjà regretté, non pour le manque de respect que j'avais exprimé mais par cette sensation étrange de saleté.

Je n'avais pas envisagé de toucher son bras. Je n'en voulais pas, je n'aime pas ce genre de contact, c'est moche.

"Et pardon, NON?!"

Je fuyais, prennant la main de mon ami et continant a monter les marches de l'escalator. Mais mon ami lui, à avancé un "non, pas de pardon. Pourquoi pardon? Parce que c'est impolis de ne pas dire pardon? A quel titre est-ce impoli? Parce qu'on vous a dis de dire pardon lorsque vous bousculiez quelqu'un?"
"Aller taisez vous ça vaut mieux", répond l'homme agacé.

Nous nous sommes éloignés.
Je commençais a regretter.

J'aurais du lui dire qu'avant de parler de politesse il fallait s'intéresser au bon sens. Il prend la place de deux personne. Naturellement, si je veux me frayer un chemin pour rejoindre mon ami au lieu d'être séparé de lui par un homme laid, il fallait que je le bouscule. S'il s'était décalé sur le côté lorsqu'il était monté sur l'escalator, je ne l'aurais pas touché. Je n'aurais pas eu cette sensation de laideur sur mon bras et il n'aurait pas été offusqué par un manque de pardon.
Ce pardon y était d'ailleurs mais qu'importe après tout? M'aurait-il cru? Non évidement. Héhé ne me prennez pas pour quelqu'un de stupide, vous n'avez pas dit pardon, sinon je vous aurez entendu.

Malgré ça je n'ai rien dit. J'aurais voulu le rattraper, le retrouver et lui dire que sa politesse n'était pas fondée. Ce n'était qu'un résidu d'éducation qu'il avait voulu, a l'adolescence, renier pour trouver son propre "bon sens", ses propres principes, mais qu'il continue d'appliquer par soumission. Que s'il avait un peu de bon sens et de principe il se serait rendu compte que c'était a lui de dire pardon. Il m'a salit. C'est en effet moi qui ait agit pour qu'il me salisse mais c'est lui qui s'es dressé comme obstacle, alors qu'il avait le choix de ne pas le faire.
Aucun de ses choix (rester sur place ou se décaler) ne pouvait être motivé par un interet. La chose qui pouvait motiver ses choix était le bon sens. Ses interets ne rentraient pas en jeux.
Pour moi si, je devais choisir entre être séparé de mon ami par un homme transpirant, observer son t-shirt orange, ou bien prendre le risque de me salir mais rejoindre mon ami, rejoindre le beau. Je ne voulais pas me soumettre au laid. Je suis une adolescente, je ne me soumet pas.

Pourtant je me suis soumise a la gêne de son reproche.