Bloublou !

L'apprentissage de l'existence

vendredi 21 août 2009

Mes mains sont meurtries par les sacs que je porte. Ils contiennent les quelques livres qui me serviront à prétendre apprendre des choses l'année prochaine. Je n'ai pas l'impression que ma place soit au lycée. C'est tellement dérisoire, je devrais être en fac de lettre ou d'histoire. Pourtant je suis certaine d'aimer cette année. Mais elle sera fausse.
Je me sens comme une vieille loque. Je traine des pieds, regarde dans le vide en ne pensant à rien. Ou si, je pense, mais ça ne doit même pas se percevoir. Je suis éteinte. Je suis amoureuse et je ne devrais pas être ici. Ici je ne peux pas me permettre de faire l'enfant, je dois être adulte, je dois être responsable. Je dois me coucher et me lever à des heures normales pour que ma mère soit contente. Et puis, il est mal vu d'aimer. Aimer amène aussi a déprécier certaines choses, le reste, en grande partie, qui par comparaison est devenu moche quand on l'acceptait. Une question de "quantité d'amour à offrir" peut-être. Quoiqu'il en soit non il ne faut pas aimer. Il faut tout tolérer et tout accepter mais ne rien aimer.
Je ne peux pas non plus me permettre de me laisser aller à des excès niaivrotiques. Ca ne va pas, ça fait tache. Ca ne serait pas compris.
Alors je m'éteins, et affiche un voile dynamique. Je fais beaucoup de chose, je bouge beaucoup, je m'occupe, je fais la machine électrique. On pourrait me demander de nettoyer les toilettes des restaurants les plus crasseux je le ferai peut-être pour m'occuper, pour être et rester dynamique.
Je suis fatiguée. Nerveusement et moralement fatiguée. Je suis restée Ailleurs et je ne peux être moi. C'est frustrant.

Je devrais remplacer le dynamisme par de l'enrichissement.

Je vais lire.

mardi 11 août 2009

L'humour dans la restauration

Nous arrivons dans un restaurant visiblement pas très luxueux, mais nous l'avons choisi pour ça. Il est dans nos prix, ça reste raisonnable.

Si on observe un peu la population qui nous entoure, on remarque des familles en majorité, dont certaines sont composées d'étrangers. C'est un restaurant touristique dans un quartier touristique d'une ville touristique puisque balnéaire. Bref, nous sommes deux adolescents français, et nécessairement, on se démarque de la population. Voici que monsieur vient prendre la commande.

"Une pizza marguerite"
"L'aile ou la cuisse?"dit-il avec un accent assez prononcé, mais nous n'avons pas réussi a savoir s'il était italien ou arabe.
"Euh... pardon?" nous avions pensé qu'il faisait une demande sérieuse et comme cela concernait notre repas et que nous avions faim nous nous sommes interrogés, quelques temps, pour comprendre ses paroles. Lorsque nous avons réussi à décrypter le message, nous avons échangé un regard perplexe.
"Haha je vous ai bien eu!" Oui et en prime vous nous avez mis spécialement mal à l'aise...

Plus tard dans le repas nous demandons une carafe d'eau. "Ca fera deux euros" Hum....

Pourquoi, au juste, s'amusent-ils avec les clients? Est-ce pour créer un lien et ainsi vaincre l'inconnu, l'intimidation due a la situation? Est-ce un état d'esprit qui s'est finalement incrusté dans le restaurant? Est-ce pour mettre réellement mal à l'aise ces jeunes gens qui devraient être à macdo, qui ne sont pas digne d'un vrai restaurant et qui, ainsi, ternissent l'image de ce dernier, relégué au rang de fast food pour ado écervelés....?

Mais le plus dérangeant reste qu'on ne sait pas comment réagir.

Faut-il s'offusquer parce que finalement, cet humour est à la limite du mépris, du vulgaire...? Faut-il au contraire rire avec le serveur qui est aussi patron du petit restaurant familial?
Faut-il avoir simplement pitié de lui, en quelques sortes, puisqu'il est maladroit avec ses clients alors qu'il se veut altruiste (il veut que ses clients passent une bonne soirée en charmante compagnie...)?

dimanche 9 août 2009

Drôle de dame

Deux dames âgées entrent dans le bus. L'une s'assoit, près de l'entrée, l'autre arrive à ses côtés quand le conducteur démarre. Elle est donc bousculée, se rattrape a la barre verticale sur laquelle elle prenait appuyer pour accéder a sa place. Elle crie contre le chauffeur. "Hé vous pourriez attendre que les gens soient assis avant de démarrer !"
Je souris.
Le problème, c'est que mon sourire est affiché puisqu'elle le voit. Je suis en face d'elle ou du moins assez près pour qu'elle m’ait vue.
Elle s'adresse a son amie : "et en plus ça rigole!". L'autre s'empresse d'approuver (elle aussi est vieille)...
Elle parle de moi mais ne me parle pas. Elle fait en sorte que je l'entende. Que j'entende sa morale qui est censée me frapper en plein coeur. Je suis immorale et intolérante.
Loin de m'en vouloir, je souris de plus belle et suis sur le point de rire, réellement.

Non, ce n'est pas le fait qu'elle soit tombée qui m'amuse. Ce n'est pas le fait que, pendant quelques minutes, elle ait été ridicule.

C'est juste que pendant ces minutes là elle a été l'incarnation de la vieille qui refuse son statut. Elle tombe, heureusement se rattrape, et râle. Simplement, tomber et se rattraper, c'est signe de faiblesse. De faiblesse due à la vieillesse. Naturellement, elle ne l'accepte pas. Elle s'en prend donc au chauffeur en lui faisant remarquer son manque de savoir vivre (il aurait du attendre!).

Que vaut-il mieux, qu'on ait pitié de nous parce qu'on tombe lorsque le bus démarre, accident fréquent bien que facilité par la vieillesse, ou que l'on soit considéré, de base, comme quelqu'un qui va d'un moment à l'autre s'écrouler par terre, qu'on prenne donc constamment en considération la donnée "vieillesse" et que l'on agisse en fonction (démarrer lentement et une fois que la personne est confortablement installée, mais aussi aider madame a pousser son chariot dans le magasin, lui demander dès qu'on la croise ce dont elle a besoin, si elle veut qu'on l'aide...)?

Pourquoi ne s'est-elle pas éteinte avant sa dégénérescence si elle la craignait tant? Si elle la refuse au point de perdre toute humilité, de s'en prendre de façon irraisonnée a ceux qui, eux, vivent comme des jeunes?

Et moi, pourquoi avoir affiché une expression involontairement pertinente quand je pouvais lui parler?

samedi 8 août 2009

Création de l'alter ego féminin

Magritte

Marine Land


Les 5 bonnes raisons d'aller à Marine Land :

  • On peut amener ses enfants dans un tunnel ou des requins effrayant passent juste au dessus de leurs petites têtes, et ensuite les engueuler parce qu'ils ont peur (quoi de plus réjouissant, pour un adulte, que de faire preuve d'autorité? On réalise qu'on est supérieur à l'enfant parce qu'on lui apprend des choses (la morale, par exemple, ne pas crier et pleurer dans les endroits publics, ça gène les gens))
  • On peut aller voir les otaries, les dauphins ou les orques faire des spectacles. Et là, il y a deux avantages. Déjà, on réalise a quel point l'homme est supérieur aux animaux (les Hommes éduquent les animaux ! Eux ne sont pas capable d'éduquer un humain, ils sont donc inférieurs). Et puis, en plus, on peut taper dans ses mains en suivant le rythme d'une musique qui fait boum boum (masturbation) jusqu'au point final, après accélération progressive, où tout le monde se met à crier "ouaaaaiiis" (jouissance).
  • On peut répondre a des quizz où il s'agit de deviner la surface du bassin ou encore l'épaisseur des vitres. On se met alors dans le oule du vulgaire communautarisme en criant "ouaaaaiiiis" (encore) lorsqu'on s'aperçoit qu'on a eu la bonne réponse. C'est alors à qui fera le plus de bruit en criant "ouaaaaiiiis".
  • On peut ensuite ignorer le quizz qui nous montre, au détour d'une question, que l'humain est un des seuls et des plus dangereux prédateurs de l'orque. On vient voir l'orque faire joujou avec un ballon, on l'applaudit, et on le tue. Moi j'ai criait "ouaaaaiiis" parce que c'était la seule question à laquelle je savais répondre. J'ai eu le droit a des regards méchants. (J'ai été pendant quelques secondes le miroir de leur propre stupidité, ils se sont détestés à travers moi).
  • On peut acheter des machins lumineux aux enfants, puis les engueuler parce qu'ils ne les agitent pas correctement. Bah oui, il faut bien leur montrer que le bon sens veut qu'on agite son joujoux en l'air pour montrer aux voisins que nous, au moins, on a les moyens de se payer le gadget a 6€50 qui va durer une journée, au lieu de l'agiter vers le sol où personne ne pourra le voir.


Bref, MarineLand c'est très ludique. On apprend plein de chose et on voit plein de chose.
MarineLand c'est LA sortie en famille par excellence. Si on étudie la population qui vient là dedans, il y a 9 couples sur 10 qui amènent leurs enfants. Le reste, ce sont des célibataires qui espèrent rencontrer l'âme sœur devant un aquarium à méduse. Ensemble, ils envieront le couple qui est en train de crier sur leur gosse. Ils commenceront à envisager d'avoir des enfants, s'imaginant tout le bonheur que c'est. Plus tard, dans 10 ans, ils amèneront leur progéniture à MarineLand en réalisant, nostalgique, que c'est là qu'ils se sont rencontrés. Et puis, ils auront la fierté de reconnaitre leur couple dans tout les couples qui les entoureront. Ils seront heureux.

jeudi 6 août 2009

Chris Garneau


Chris Garneau est américain. Il a passé une partie de son enfance en France pour ensuite revenir dans sa ville natale.Sur wikipedia, ils définissent son style comme "folk, pop et baroque". C'est fantasque, non? Du baroque ='). Il joue sur un piano aux touches blanches et rouges et se sent obligé de mettre une lampe sur le piano sur lequel il joue (quel qu'il soit)
Il chante dans les aigus alors que sa voix est grave et typiquement américaine.
C'est indéfinissable. Ca ne signifie pas "waw c'est trop beau pour être défini" mais c'est simplement trop personnel pour rentrer dans un style délimité.